Partie 1ÉTAT DES LIEUX DE LA SANTÉ MENTALE DES ENFANTS ET DE LA PÉDOPSYCHIATRIEPage 41
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Ce que montrent les grandes enquêtes internationales

Les grandes enquêtes internationales conduites de façon répétée depuis plusieurs décennies, telles que l’enquête Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) menée sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé auprès des adolescents scolarisés dans une quarantaine de pays, confirment de façon convergente la tendance générale décrite en ouverture de cette partie : une dégradation progressive des indicateurs de bien-être subjectif déclaré par les adolescents dans de nombreux pays occidentaux depuis le milieu des années 2010, plus marquée chez les filles que chez les garçons, associée à une augmentation des symptômes anxieux et dépressifs déclarés et à une multiplication des plaintes somatiques liées au stress scolaire. Ces enquêtes soulignent également l’existence de fortes disparités sociales : les adolescents issus de familles en difficulté économique rapportent, de façon constante d’une édition à l’autre de ces enquêtes, un niveau de bien-être significativement inférieur à celui de leurs pairs plus favorisés, ce qui confirme l’importance de la dimension sociale de la souffrance psychique de l’enfant rappelée au paragraphe précédent.

Ces données internationales doivent cependant être interprétées avec la prudence méthodologique qui a présidé, tout au long de ce texte, à l’examen des données diagnostiques : la comparaison de prévalences déclarées d’une édition à l’autre de ces enquêtes, ou d’un pays à l’autre, est sensible à des effets de mesure — évolution de la sensibilité des populations enquêtées à nommer une souffrance psychique, évolution de la formulation des questions posées — qui peuvent partiellement expliquer, sans l’annuler pour autant, la tendance à la hausse observée. Cette prudence méthodologique ne doit toutefois pas servir de prétexte à l’inaction : la convergence de ces données internationales avec les constats de terrain rapportés quotidiennement par les professionnels de la pédopsychiatrie française, et avec les données d’activité des structures de soins évoquées plus haut, suffit à fonder la nécessité d’une réponse résolue des pouvoirs publics.